EXTRAITS
 

 

 
 



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bonjour Monsieur à Madame

Antonio est putain de beau avec ses yeux noirs brillants. Une fois dehors, il chope une bonne femme et lui demande direct si elle est plutôt " beurre ou margarine ". Moi je suis morte de rire surtout quand je vois c'te conne chercher et répondre : " je suis plutôt margarine ". N'importe quoi. On dira aussi " bonjour madame " à des dizaines de mecs et logiquement des " bonjour monsieur " à autant de bonnes femmes sur notre chemin. On chantera Et je danse de Lova Moor parce que c'est une grande chanteuse et ça, jusqu'au métro. Inutile de vous raconter ce qui se passera dans les wagons parce que c'est de la même trempe. Sauf le passage où j'ai sorti ma bombe de laque de mon sac, pour en mettre plus sur le voisin de derrière que sur ma tête. Ca, effectivement, c'était super drôle et ça mérite que j'en parle. J'en ai mis sur tout le monde, en visant bien haut au-dessus de ma coiffure et c'était super rigolo. J'ai même cru qu'Antonio allait se pisser dessus.Ant



difficile de trouver de la viande fraiche !

J'ai déjà écumé quatre bars gays et maintenant que je suis tombé dans ce trou à rats, je me dis que ce soir, c'est pas le bon soir pour trouver de la viande fraîche et appétissante. Ici non plus, y'a rien à se mettre sous la dent. Même dans les lieux de baise, je ne trouve rien. C'est peut-être parce que c'est un lieu de baise, d'ailleurs. Je sirote mon troisième gin tonic de l'endroit et je mate, blasé, en n'espérant plus vraiment que quelque chose vienne satisfaire mes pauvres frustrations du bas du ventre. Au bar, y'a bien trois vieux qui ne demanderaient que ça de me la fourrer, mais mon envie n'est pas encore assez grande pour pouvoir me taper le premier venu.

le bon vieux minitel

L'excitation rend aveugle, c'est comme l'amour. Bref, après avoir ramassé la capote usagée et tout ce qui pourrait dénoncer ce que je viens de faire, je me réfléchis à tout le temps que j'ai passé sur le Minitel. C'est grave, ce truc, et trop excitant. Beaucoup plus que le réseau téléphonique, parce que le fait d'être dissimulé derrière un écran rend les gens beaucoup plus explicites. Le big problème, c'est que lorsque je commence, je peux plus m'arrêter. C'est comme les Pim's. Quand j'entame, je me tape le paquet entier. Et quand y'en a plus, faut descendre au magasin, et c'est loin. Le Minitel, y'a qu'une coupure de ligne qui peut le stopper.


plan cul, point !

Valable…Est-ce que ce mot existe dans l'univers des pédés ? Et est-ce que je sais ce que ça veut dire, au fond, d'être valable ? Bof…tout ça me gave, et je me dis que les pédés c'est bien pour baiser et qu'il ne faut pas espérer beaucoup plus de leur part. J'ai l'impression, depuis Miguel, que je ne vivrais plus d'histoires sentimentalement correctes avec un mec. C'est comme si ce connard avait rempli ma " coupe à sentiments " jusqu'au bord, jusqu'à la faire déborder et vomir. Plus de place pour un autre. Des fois, j'ai envie de démarrer autre chose et puis quand ça se présente je recule, comment veux-tu, comment veux-tu que je t'encule ? Alors je m'astreins à de simples plans cul, au moins ça fait du bien et ça prend pas beaucoup de temps. Droit au but, sans prise de tête et plein le fion. Pas d'embrouille pour des tromperies. Pas de crise pour du ménage pas fait ou je ne sais quoi d'autre. Pas de sentiment d'étouffement. Pas d'emprise ni d'obligation. Mais de la solitude. Parce que baiser c'est bien, mais y'a pas que ça. Et quand y'a pas que ça, on aimerait juste baiser quand ça nous prend, et avec qui ça nous chante.


 
     





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